ETUDE SUR L'ORIGINE DE LA MAISON OTHO-ROBICHAUD NÉGUAC, N.-B.

FERNAND ROBICHAUD, NÉGUAC, N.-B., 30 octobre 1995

 

MAISON OTHO-ROBICHAUD

ÉTUDE SUR L'ORIGINE DE LA MAISON DITE MAISON OTHO-ROBICHAUD

ARGUMENTS ET PREUVES A L'APPUI EN FAVEUR DE LA THESE QUE LA MAISON DITE MAISON OTHO-ROBICHAUD DE NEGUAC A ÉTÉ CONSTRUITE PAR OTHO ROBICHAUD EN 1795.

1. TESTAMENT(S) DE OTHO ROBICHAUD (1817 & 1823)

- Le paragraphe de son testament daté en mars 1817 et répété en 1823, que ses enfants auront tous droit aux fruits de ses arbres fruitiers "que j'ai planté moi-même à ma maison", nous donne une indication sur la date que la maison aurait été construite. Il faut calculer le temps que ça prend pour un arbre fruitier de donner des fruits; aujourd'hui avec les meilleures méthodes, on se doit d'attendre un peu moins d'une dizaine d'années et même là on parle d'arbres "juniors". Il est donc permit de croire que ces arbres auraient probablement été plantés une vingtaine d'années auparavant, soit aux alentours de 1795. Pour prendre la peine de le mentionner dans son testament, ceci indique que le verger était assez important et qu'on y faisait la cueillette depuis un certain temps.

- Un autre argument en faveur de la thèse que ces arbres fruitiers auraient été plantés dans les années 1790 est que Otho s'est marié en 1789 et qu'il a commencé à avoir des enfants tôt après, ce qui signifie un changement de style de vie, passant de marchand et trafiquant à celui de père de famille, ce qui nécessitait une plus grande auto-suffisance en nourriture.

- Les descendants de Agapit Godin toujours vivants, dont une d'entre eux est née en 1900, ne se souviennent pas de voir ou d'entendre parler d'arbres fruitiers autres que ceux qui se trouvaient près de la maison actuelle. Normalement lorsqu'un site est abandonné au profit d'un autre, on remarque souvent la présence de vieux arbres fruitiers sur le site original, et ceci longtemps après. Ceci indique que la période entre le changement de sites, c'est-à-dire entre le site de la maison achetée de Pierre Loubert et celle-ci, était longue pour que toute traces aient le temps de disparaître.

- Le fait aussi qu'il avait acheté un droit de terre avec maison et grange, et que ces terres ont seulement été confirmées en forme de concession en 1794, démontre qu'il est peu probable que Otho Robichaud aurait fait construire une autre maison entre la période de 1781 et 1794.

- Entre son testament de 1817 et celui de 1823, fait suite à la mort de sa femme, il ne fait aucune mention, changement, anecdote ou adjectif au paragraphe où il mentionne qu'il laisse à Louis et à Olivier sa maison. Ceci démontre que rien n'avait changé entre 1817 et 1823, en ce qui concerne sa maison.

2. MAISON DE PIERRE LOUBERT

- Pierre Loubert est venu à Néguac vers 1765, car une entrée dans le journal de Charles Robin (Annexe A) le confirme à Néguac le 1 août 1767. Il avait reçu, selon la légende, un droit de terres de 800 acres pour ses services avec l'armée britannique lors de la révolution américaine. Tout probable, par contre, que Loubert n'était qu'un "squatter" comme les acadiens de l'époque. Ce qui m'amène à dire que la maison qu'il a fait construire à Néguac était de qualité modeste, soit "pièces sur pièces" comme celles des acadiens de l'époque qui eux comme Loubert, n'avaient pas l'assurance de pourvoir retenir leurs terres en plus de ne pas posséder les ressources nécessaires pour construire une meilleure maison.

- Otho Robichaud se trouvait le cousin de la femme de Pierre Loubert, soit Euphosine Landry, fille de Joseph Landry et de Jeanne Robichaud qui elle était la fille de Prudent Robichaud, soit la tante de Otho. Ceci explique la connexion entre Otho et Pierre Loubert. Otho acheta l'emplacement de Loubert suite à la décision de celui-ci de déménager à Maria en Gaspésie pour rejoindre les frères d'Euphosine qui s'étaient installés là.

- Otho Robichaud acheta la maison de Pierre Loubert le 28 mai 1781 (Annexe B). Le prix de la maison avec magasin, grange et boulangerie et un droit de terre incluant environ 300 acres à Néguac, sans compter une partie de l'Île-au-foin et deux morceaux à la grand dune, payé par Otho à Pierre Loubert, soit 40 piastres ou dix louis, laisse aussi croire que cette maison n'était pas de qualité supérieure. Lorsqu'on regarde à deux transactions de Otho concernant l'achat de terrains, soit celle en 1789 avec Jean-Baptiste Desnoyer ou Denoit (Annexe C) où il fait l'achat de plus ou moins 100 acres de terre pour un canot et provisions totalisant 5 livres, et celle de l'achat en 1803 de Joseph Benoit de ses 200 acres de terre (Annexe D) situés sur la rivière Burnt Church pour aussi 5 livres démontrent que le prix payé par Otho Robichaud en 1781 était de bon marché et confirmerait la modestie da la maison.

- Un louis était à l'époque la monnaie courante de la France et était souvent utilisé au Canada ainsi que la monnaie espagnole et anglaise. Un louis d'or en 1781, bien que l'argent fluctuait énormément, aurait possiblement eu la même valeur qu'une livre anglaise, bien que souvent le louis perdait sa valeur vis-à-vis le livre et ne valait que peut-être que 1/10, pour ensuite rebondir quelque temps après et valoir 1.5 fois le livre. Il est clair par contre que Otho n'a pas payé cher pour sa nouvelle demeure.

- Lorsque Pierre Loubert a fait sa réclamation officielle (Annexe E) pour son droit de terre à Maria, il ne fait aucune mention que c'était en retour de ses services militaires lors de la révolution américaine; donc la légende n'est probablement pas fondé. Aussi, aucun document n'a été trouvé à Halifax pour démontrer que Pierre Loubert aurait soumis une demande de concession à Néguac, Ceci aide à confirmer son statut de "squatter". Loubert n'aurait pas non plus été accordé deux droits de terre, les autorités britanniques lui auraient refusé celui en Gaspésie puisqu'il avait déjà vendu son "droit" à Néguac, et qu'il aurait fallut acheter son deuxième droit de terre avec l'argent reçu pour le premier.

- Vue l'époque, 1765, soit tôt après la déportation, il est peu probable que Loubert avait le goût et la disponibilité de la main d'oeuvre ainsi que les ressources nécessaires pour bâtir une maison de la qualité de la maison Otho-Robichaud. Otho l'a tout de même habité pour une bonne période, soit jusqu'à temps que sa nouvelle maison fut construite en 1795. Elle aurait eut une durée d'une trentaine d'années qui est tout de même une période raisonnable vue les circonstances. Il est peu probable que Otho Robichaud, un homme des plus influant et plein de ressources aurait habité cette même maison pour 43 ans et son fils Louis pour un autre 24 ans, si on se base sur la thèse que Louis aurait bâti cette maison vers les années 1848. Ils y accueillaient des dignitaires, politiciens, des membres du clergé, les gens de la milice, des gens d'affaires, ainsi que le public pour une période de presque "70 ans", et ceci dans une maison construite vers les années 1765, soit une faite "pièces sur pièces"!

- La maison de Loubert fut sans doute construite sur le bord de la mer pour deux raisons, la première parce qu'il était un marchand et trafiquait par la mer avec les indiens et autres marchands dans la traite de fourrures et du poisson, et la deuxième, parce que l'endroit où se situe la maison actuelle n'était pas encore défriché. A l'époque les gens faisaient la récolte des foins à partir des prés et il y en avait de beaucoup de ceux-ci sur sa terre à Néguac, sur l'Île-au-foin et à la grande Dune. Le site fut sans doute défriché par celui-ci en partie, et par Otho Robichaud lui-même, qui par la suite reconnu sa valeur évidente comme futur emplacement. Le site de la maison de Loubert est probablement sous la mer à cause de l'érosion, malgré qu'aucune preuves concrètes existent pour supporter ceci.

3- TESTAMENT DE LOUIS ET OLIVIER ROBICHAUD (1869)

- Dans son testament, Louis indique que lui et son frère Olivier ont fait la division des terres "shortly after his death", c'est-à-dire aussitôt après la mort de Otho. Ceci devient très significatif dans le contexte de la présence de la maison Otho-Robichaud sur le site actuel.

- Une entrée dans le testament d'Olivier est très déterminante dans le soutien de la thèse que la maison que Otho a signée à Louis et Olivier se trouvait sur le site actuel, soit celle qui donne à son fils Luc "eighty yards in width of my land on which I reside starting from the road standing between my brother Louis and myself running from the shore to the rear and the marsh in front of the said land". Ceci indique que lorsque Louis et Olivier ont divisés les terres signées à eux par Otho en 1823, la ligne suivait le chemin du Fair Isle mais déviait à gauche (nord) à partir de la route 11 pour ensuite suivre le long du marais jusqu'à la côte; le côté nord à Olivier et le côté sud à Louis. Cette déviation indique que la maison était présente sur le site actuel sans quoi la ligne aurait été tout droit, c'est-à-dire en ligne du chemin du Fair Isle jusqu'à la mer. Une ligne tout droit par contre, aurait coupée la ferme de Louis en deux.

- Cette dernière entrée a causée dans le passé beaucoup de confusion parmi les rechercheurs qui eux interprétaient celle-ci comme vouloir dire que Olivier signait le marais à Luc, ce qui aurait voulut dire que la maison à Louis ou Otho se trouvait ailleurs. Mais après avoir étudié l'entrée de près, ceci n'est pas le cas; Olivier se sert du marais comme point de repère de la même façon qu'il s'est servit du chemin du Fair Isle, le grand chemin et la côte. Il faut se mettre à la place d'Olivier et essayer de délimiter le lot qu'il veut accorder à Luc; il dit que la ligne va suivre le chemin du Fair Isle jusqu'au grand chemin, ensuite de la côte jusqu'à l'arrière mais de où à la côte puisque le chemin du Fair Isle s'arrête au grand chemin. il dit "from the shore and the marsh", donc de la côte mais aussi du marais, c'est-à-dire le long du marais mais ne l'inclut pas puisqu'il dit le marais devant la terre "in front of the said land" qu'il signe à Luc et non pas que le marais fait partie de cette terre. Ceci est très significatif car ça soutient la thèse de la présence de la maison Otho-Robichaud sur le site actuel et ceci à sa mort, en 1824.

- Dans le testament de Louis, qui a hérité de la maison d'Otho Robichaud, il ne fait aucune mention qu'il s'est construit une nouvelle maison. Il dit "the whole of the lot of land on which I reside containing two hundred acres, more or less, together with all buildings and improvements thereon", donc tous ses terres, soit 200 acres plus ou moins, avec tous les bâtiments et améliorations. Si Louis fait mention des améliorations qu'il a apporté à son bien, il aurait possiblement mentionné une nouvelle construction si ceci aurait été le cas puisqu'il prend la peine de mentionner le mot amélioration. Avec les améliorations substantielles que Louis est crédité d'avoir apporté à la maison, il est comprenable que Louis utilisa ce terme. Nous avancons que Louis a complété ces améliorations sur la maison qu'il avait hérité de son père Otho en 1824.

4. CORRESPONDANCES ET TRANSACTIONS DE OTHO-ROBICHAUD

- Il existe beaucoup de documents qui relatent la vie de Otho Robichaud surtout ses correspondances avec sa soeur Vénérande à Québec et aussi plusieurs transactions d'affaires. Aucune ne mentionne la construction de sa maison. Par contre il faut mettre ceci dans son contexte; Otho comme homme d'affaire retenait les documents reliés à son commerce parce qu'il était obligé, c'était une question d'affaire. Les transactions pour sa maison n'avaient pas la même importance. Aussi lorsqu'on regarde ses correspondances avec sa soeur Vénérande, ceux-ci aussi avaient souvent un caractère commerciale puisqu'elle agissait comme son agent à Québec, Donc il n'est pas impossible de croire que Otho, à cause que la construction de sa maison n'était pas de nature commerciale, n'aurait tout simplement pas pris les mêmes précautions pour préserver ces documents. On le voit même aujourd'hui dans nos propres transactions personnelles.

- Une transaction par contre mérite de l'attention, soit celle datée le 04 février 1799 à Joseph Landry de Caraquet (Annexe F) lui demandant d'envoyer son poêle. Est-ce qu'il est en train de terminer sa maison et que ce poêle fera partie de celle-ci, comme par exemple pour chauffer son bureau? La lettre ne mentionne pas que cet achat est de nature commerciale car il n'y a aucune référence à une transaction quelconque.

- Deux correspondances, la première celle de sa soeur Vénérande (Annexe G) à Québec datée le 17 août 1791 et une deuxième de Ed Winslow (Annexe H) de Fredericton datée le 24 juin 1792, confirment que Otho était malade. il semble que c'était assez sérieux pour que la nouvelle soit si répandue et pour une si longue période. Ceci éliminerait le début des années 1790 pour la construction de sa maison, faute de santé.

- Une source de documents pertinents aurait été les papiers ou registres de la compagnie de Francis et James Peaboby de Chatham. Malheureusement ma recherche auprès de gens associée à l'histoire de Chatham me disent que ces documents n'existent plus, au moins à leur connaissance. Ceux-ci auraient peut-être démontrés la vente de Peabody à Otho de matériaux de construction importante.

 5. MAISON OTHO-ROBICHAUD

- Plusieurs recherches ont été effectués sur la maison otho Robichaud. Dernièrement avec son propriétaire M. Edouard Savoie, nous avons effectués des fouilles beaucoup plus approfondies et avons faites certaines découvertes intéressantes qui supportent de façon convaincante notre thèse que cette maison est belle et bien celle construite par Otho Robichaud et ceci nous avancons en 1795.

LES PIERRES DE LA FONDATION

- La cave démontre différentes étapes ou progression et par déduction, de la maison même. Une étape particulière est celle des pierres de la fondation, surtout celles de l'entrée extérieur. Il est très évident que ces "belles" pierres bien taillées sont plus récentes que celles du reste de la fondation. Il est aussi évident que la maison originale n'avait pas d'entrée de cave de dehors et que cette entrée fut construite vers 1890.

- Lors d'une visite de la maison du fils de Otho Robichaud, Fréderic, maintenant appartenue par Arisma Robichaud à la Rivière-des-Caches, des mêmes pierres sont très évidentes du coté de l'allonge. Cette allonge fut construite dans les années 1850 d'après le propriétaire. Cette date, avec ces "belles" pierres, servaient d'arguments pour ceux qui soutenaient la thèse que Louis aurait bâti cette maison vers ces années-là. Mais ce n'est pas le cas. Ces pierres sont l'exception et n'ont été qu'utilisés que pour l'entrée de cave et ceci longtemps après la construction de la maison.

- Ceci placerait les autres pierres beaucoup plus vielles. Une fouille à l'extérieur de la fondation de la maison Otho-Robichaud démontre aussi des pierres non-taillées. On remarque que les murs extérieurs de la fondation sont des plus rudimentaires; ils ne sont que trois pieds de creux, fait de pierres de toutes sortes de grosseurs et de grandeurs couvertes de sable pour les mettre à égalité, et le tout repose sur une couche de terre grasse. Il est claire qu'aucune "belles" pierres bien taillées existaient lorsque cette fondation fut construite. Par contre la dernière couche de pierres est taillé comme celles des murs intérieurs mais pas de la qualité de celles de l'entrée de cave. Aux dires de Donald Boudreau du Village Acadien, cette dernière rangée de pierres ainsi que les murs intérieurs, à l'exception des murs de l'entrée, furent probablement placés après, c'est-à-dire en 1848 où la maison a connu beaucoup de changements (voir Vénérande Rabichaud) . Il semble que la première cave était beaucoup moins profonde et que les murs intérieurs auraient été fait en cèdre, pièces sur pièces. Ceci est soutenu par la présence de coches dans les grosses poutres du plancher du coté nord et sud, qui démontrent la présence de travers, dont un est toujours visible sur le coté sud. Ceux-ci auraient servis pour solidifier ces murs de cèdre qui eux soutenaient la terre entre les deux murs.

- Il est évident ici que les "belles pierres" bien taillées à l'entrée ont seulement été disponibles que plus tard et que la fondation originale a été construite avec ce qui était disponible, soit des pierres de toute sorte de grandeurs et non-taillées. Ceci est confirmé en regardant la partie extérieur de la fondation sous la vielle partie de la maison de Fréderic où les pierres sont semblables à celles des murs intérieurs de la fondation de la maison de Otho, sauf évidemment celles de l'entrée de la cave. La vielle partie de la maison de Fréderic a été construite vers les années 1824-1830, car Otho demande à ses deux fils Louis et Olivier d'aider à Fréderic a construire sa maison, et ceci en 1816 et répété en 1823, dans son testament.

- Un indice qui supporte la construction de l'entrée de cave longtemps après la construction de la maison Otho-Robichaud est que le plancher du rez-de-chaussée au dessus de l'entrée de cave a calé de façon significative (3 pouces), ce qui suggérerait des problèmes encourus durant cette construction ou peu après. Ce calage date de très longtemps car le recouvrement des murs intérieurs de la maison à cette même époque accommode ce calage, c'est-à-dire les planches verticales du mur ont délibérément été coupés plus longues que les autres afin de compenser pour la pente dans le plancher. La construction de l'entrée de cave date de la même période de l'enlèvement du foyer puisque le mur intérieur qui aurait soutenu le foyer a été reculé en même temps que l'entrée de cave fut construite, donc en même temps que le deuxième plancher de bois franc du rez-de-chaussée qui daterait des années 1890.

- La cave et fondation auraient donc trois grandes étapes. (1) La première étape serait des murs de cave fait de pierres de toutes sortes de grandeur à l'extérieur avec une cave peu profonde avec des murs en cèdre. (2) La deuxième étape en 1848 où la maison aurait peut-être été soulevé pour ajouter une rangée de pierres taillées le long du mur extérieur pour la solidifier et le creusage de la cave à son niveau actuel avec la construction des murs intérieurs de pierres identiques à celles de la rangée placée sur le mur extérieur. (3) La troisième étape serait la construction de l'entrée de cave de l'extérieur avec la modification du mur de cave soutenant le foyer vers 1890.

LE PLANCHER DU REZ-DE-CHAUSSÉE

- Un autre indicatif de l'âge de la maison sont les différentes étapes au niveau du plancher du rez-de-chaussée. Nous voyons trois étapes. Le premier plancher avec chevilles et les planches sciées à la main, soit celui de l'office et de la chambre à l'arrière qui est encore intacte. En deuxième lieu, dans le salon et l'ancienne chambre a coucher qui servait de salle de bain jusqu'à tout récemment, le plancher a été enlevé au complet et une première couche de bois franc a été placé, et ceci avant que le foyer soit enlevé, mais faite en même temps que l'escalier. Ensuite, en troisième lieu, une deuxième couche de bois franc fut placé pour recouvrir tout le salon y compris le foyer. Les descendante d'Agapit Godin qui, en compagnie d'Agapit Robichaud, est crédité de l'allonge à l'arrière, soit Aurèle Godin qui est âgé de 85 ans et sa soeur Doré qui elle a 95 ans, maintiennent que ces changements ainsi que l'allonge ont eu lieu avant leur temps.

- Nous pouvons donc déduire que le tout s'est passé comme suit : (1) le premier plancher fut placé par Otho en 1795, (2) le deuxième plancher par Louis en 1848 (voir Vénérande Robichaud), et (3) le dernier plancher par Agapit Godin vers 1890 pendant qu'il vivait avec Agapit Robichaud qui lui hérita de la maison en 1869. La thèse voulant que Louis aurait construit cette maison vers les années 1850 et que tous ces changements aient lieu avant 1890 n'est pas raisonnable, surtout lorsqu'on sait comment longtemps qu'un plancher de bois franc peut durer, le dernier ayant déjà environ 100 ans!

LES BARDEAUX DU TOIT ET DES MURS EXTÉRIEURS

- Le toit de la vielle partie de la maison, soit celle d'Otho Robichaud, démontre trois couches de bardeaux, deux doubles et une simple, au départ. Les deux couches doubles et ceci avec des bardeaux faites à la main, furent placés avant que l'allonge fut construite, donc avant 1890 puisque les deux couches sont visibles sur la partie nord de la maison couverte par cette allonge, Ceci donne beaucoup de crédibilité à notre thèse puisque si la maison aurait été construite en 1848 seulement une couche serait visible, mais sur une période de près de 100 ans (1795-1890) il y aurait eu un besoin d'une deuxième couche. La troisième couche simple, au départ, aurait été placé avec l'allonge pour être finalement recouverte d'aluminium vers les années 1950. L'allonge n'a qu'une couche de bardeaux.

- Lorsque que nous examinons la lucarne d'en avant, placée lorsque le haut ou le deuxième étage fut fini, on note que la première couche est beaucoup moins usée que celle de la maison. Ceci confirme que la lucarne fut construite en 1848 (voir Vénérande Robichaud) après la couche initiale de bardeaux. Ceci confirme aussi que cette lucarne d'en avant fut construite avant l'allonge et la lucarne d'en arrière, puisque celle-ci n'a qu'une seule couche de bardeaux. Lorsque la deuxième couche fut placé sur toute la vieille partie de la maison la lucarne fut recouverte. Ces trois couches de bardeaux sur la maison, dont deux avant l'allonge d'en arrière, éliminent pratiquement tous arguments que la maison aurait été construite en 1848; une couche de bardeaux peut durer de 50-75 ans.

- Ces trois étapes de bardeaux, ajoutées avant la période durant laquelle la couverture fut recouverte d'aluminium, démontre une période d'existence pour la maison d'environ 200 ans.

- En ce qui concerne le bardeau sur les murs extérieurs, il existe des évidences à l'effet que ces murs auraient été chauxdés, donc la maison aurait peut-être été sans bardeaux sur les murs extérieurs pour une certaine période. Nos recherches démontrent deux couches de bardeaux sur ces murs. Ceci est consistant avec notre thèse puisque deux couches de bardeaux sur les murs extérieurs suffiraient pour une période d'environ 200 ans, et même si la première couche aurait seulement été placé en 1848, il est probable qu'une deuxième couche aurait été ajouté d'une façon ou d'une autre.

LES POUTRES VERTICALES DU MUR DE L'OFFICE

- La fouille, au niveau des poutres du mur de l'office nous apportent de précieuses informations. Ces poutres, n'ayant jamais été chauxdés, nous permet de voir la progression de la pièce et aussi confirme que cette pièce n'était pas utilisé de la même façon que le reste de la maison, préférant chauxder les endroits habités pour avoir plus de clarté. Premièrement elles sont de couleur brun foncé, ce qui confirme qu'elles ont été exposés pour longtemps. Les planches du mur sont aussi de cette couleur, ce qui démontre que les poutres et les planches ont été exposés ensemble. Les finitions intérieurs sont accordés à Louis, son fils, non seulement par témoignages mais aussi par la sorte de finitions. Une visite au Village Acadien de Caraquet nous confirme que l'architecture est identique à celle de la maison Doucette qui elle, c'est-à-dire les finitions, date de 1859. Donc nous pouvons conclure que cette pièce fut construite longtemps avant qu'elle fut fini à l'intérieur, soit, nous avancons en 1848 (voir Vénérande Robichaud). Cette analyse donne énormément de crédibilité à notre thèse.

- La grosseur des poutres, d'après Donald Boudreau, démontrent aussi qu'elles dateraient avant 1848. Plus la maison est récente, moins grosses sont les poutres. Ceci s'explique par la réalisation au fur et à mesure que ce n'était pas nécessaire d'avoir de si grosse poutres (4 pouces x 6 pouces) pour soutenir un mur.

LES PLANCHES DES MURS EXTÉRIEURS

- Les planches des murs extérieurs sont faites en pin sciés à la main et placés avec rainure et languette. Ce genre de planches était disponible en 1795 et avant, c'était une question de comment se les procurer. Otho Robichaud pouvait se procurer ce genre de matériaux de construction, étant marchand et relié en affaire avec les Peabodys de Chatham qui eux trafiquaient avec la Nouvelle-Angleterre et l'Europe. Ce mode de construction est consistant avec une maison qui n'était pas fini à l'intérieur puisque ceci la rendait plus facile a chauffer, étant plus étanche, c'est-à-dire plus à l'abri du vent,

6. LA TRADITION OU LÉGENDE DE LA "CHAPELLE"

- La tradition a laquelle se veut que la maison aurait été construite a partir de poutres provenant de la vielle chapelle qui existait à Néguac entre 1800 et 1843 est souvent mentionné lorsque vient la discussion sur l'age de la maison Otho-Robichaud.

- L'étude de Rodolphe Bourque, Social and Architectural aspects of the Acadiens in New Brunswick (Annexe I) publiée en 1971 mentionne cette tradition. Par contre après réflections, témoignages et recherches, cette tradition est très douteuse surtout en ce qui concerne la maison.

- Premièrement M. Bourque ne dit pas qu'il supporte cette tradition, pas plus que la légende que cette maison serait celle de Loubert, il ne fait que la répéter puisqu'il conclut que la maison daterait entre 1820-1840, et que la chapelle fut démoli probablement après 1843. M. Azade Godin, son propriétaire à l'époque lui a certainement fournit ces informations. M. Bourque dit "the house and barn were built of the same upright, large, thick, half-rounded, heavy slabs, pit-sawn on one side and handhewm on the other". Une recherche intensive dans la maison Otho-Robichaud ne révèle pas de telles pièces de bois. Au contraire, chacune des pièces de charpente de la maison sont parfaitement taillés, ou équarris à la hache sur tous les bords. La description des poutres dans le rapport de M. Bourque ne correspond pas du tout aux poutres de la maison Otho-Robichaud.

- Il mentionne aussi "the slabs were numbered in Arabic numerals (12, 13, 18, ... ), one was numbered in Roman numerals (111)". Encore ici, aucun signe de chiffres quelconque ne fut trouvés sur ces poutres. Il semble par contre que ces chiffres auraient existés à quelque part pour les décrire de la sorte. Ceci s'explique peut-être par l'entrée "the house and barn were built". Lorsque M. Bourque visita la maison, celle-ci était fini au complet donc aucune poutres étaient visibles à l'oeil, mais peut-être que la grange qui elle a été détruite par le feu dans les années 60 y était, mais je le doute car elle ne figure dans la photo, malgré que l'angle utilisée l'aurait peut-être exclue. Azade Godin était peut-être témoin de ces chiffres, et si c'était le cas, ceux-ci auraient probablement provenue de la grange car ceux-ci seulement auraient été exposés.

- Lors d'une visite chez M. Azade Godin en 1977, M. Godin m'a donné un tour complet de la maison. J'y ai passé une bonne partie de la journée avec lui et sa femme. Je me souviens très bien qu'il me dit que la maison était celle de Otho Robichaud; nous étions tous les trois dans le bureau à ce moment et c'est alors qu'il fit la distinction entre Otho et son fils Louis. J'étais en train d'examiner le plan d'arpentage de Otho et j'ai fais le commentaire que c'était vraiment quelque chose d'être assis au bureau d'Otho. M. Godin précisa à ce moment que ce bureau appartenait à Louis, son fils, et procéda a me montrer une photo de celui-ci. Lorsque nous avons visités le sous-sol c'est alors que M. Godin me fit part qu'une des poutres du plancher appartenait à la première chapelle. Je ne me souviens pas exactement, mais il me semble que c'était du coté du foyer qu'il me pointa. Durant cette même conversation M. Godin me fit référence à l'ancienne grange. Mais jamais que M. Godin mentionna que toute la charpente de la maison au dire de M. Bourque, était construite de bois provenant de la chapelle. Si ceci aurait été le cas il me l'aurait certainement mentionné.

- Il est évident ici que le meilleur des scénario serait que la vieille chapelle fut tourné en grange et que peut-être qu'une poutre du plancher fut ajouté au plancher de la maison lorsque le haut fut terminé et ceci en 1848 (voir Vénérande Robichaud). Une vérification du sous-sol révèle qu'une nouvelle poutre fut ajouté lorsque l'escalier actuel fut construite et aussi lorsque le foyer fut enlevé.

- Notre recherche nous apporta aussi dans le grenier en passant par l'exposition de poutres verticales dans les murs, ainsi que le sous-sol au complet, et je peux assurer tout le monde que non seulement aucun chiffres n'existent mais que cette charpente n'a jamais été dérangé. Par dérangé je veux dire que si ces morceaux auraient été démantelés, transportés et ensuite rassemblés, il y aurait des traces de coups de masse ou de marteaux, surtout aux endroits où les joints étaient fait avec des chevilles comme c'est le cas dans le grenier. Il n'y a aucun signe que ceux-ci ont été touchés et c'est la même chose pour les poutres du mur. Donc la légende ou tradition de la chapelle est non supportée en ce qui concerne la maison, mais il est possible que la grange fut construite avec le bois de la chapelle mais aucune preuve de ceci existe non plus.

- Il est aussi peu probable qu'il y aurait eu de toute façon assez de bois pour faire toute une grange et une maison avec le bois de la chapelle. Si on regarde la première église qui remplaca la chapelle, celle-ci n'était pas plus grande qu'une grange normale, donc nous pouvons assumer avec toute confiance qu'elle était tout de même plus grande que la chapelle. Je déduis ceci en me référant à la population de la région à l'époque qui était très petite, soit une dizaine de familles lorsque la chapelle fut construite.

- Un autre argument contre la construction de la maison avec le bois de la chapelle est que la structure d'une chapelle est plus compatible avec une grange à cause de sa forme. Aussi le fait que la grange aurait probablement été construite avec cette vielle charpente, qu'est-ce qui aurait resté pour la maison puisque les poutres étaient numérotés etc..., comment diviser le tout pour accommoder deux nouvelles constructions?

- M. Bourque dans son analyse, nous montre une photo d'un morceau de bois qui supposément proviendrait de la chapelle. Une vérification avec Léon Robichaud de Neguac qui lui aurait coupé ce morceau de poutre verticale lorsque M. Godin aurait placé la grande vitre à l'endroit où se trouvait le foyer, nous assure qu'il n'y avait aucun chiffre et jamais que M. Godin lui a mentionné à l'époque que ce morceau provenait de la chapelle. Est-ce un autre morceau ?, si oui, il provenait peut-être de la grange.

- Toute analyse de cette tradition ou légende doit prendre en ligne de compte le fait que c'était sûrement pas très "catholique" ou plaisant de dire que la chapelle avait été converti en grange. Cette dimension a sûrement contribué a étendre la tradition de la chapelle pour inclure la maison.

7. VÉNÉRANDE ROBICHAUD

- Vénérande Robichaud (Annexe J), la fille de Louis Robichaud qui lui était le fils de Otho Robichaud, est souvent mentionné par la descendance de Agapit Godin lorsque vient le temps de discuter l'age de la maison Otho-Robichaud. Elle aurait dit qu'elle avait 13 ans lorsqu'elle entra dans la maison, soit en 1848. Ceci n'est pas écrit nulle part mais on y accorde beaucoup de crédibilité surtout à cause qu'elle était très respecté.

- Vénérande naquit à Néguac en 1835 et mourut en 1936 à l'âge de 100 ans et 11 mois. Lorsqu'on regarde de près l'évolution de la maison on constate que vers 1848 il y aurait eu de gros changements à la maison (voir para. 5). Lorsqu'on examine les changements probables qu'ont été apportés à la maison vers les années 1848, l'enlèvement du plancher du rez-de-chaussée de la partie ouest de la maison, la mise en place du premier plancher de bois franc, la construction du nouvel escalier qui monte au deuxième et par extension l'enlèvement du vieux, la finition du bureau à Louis, la construction du deuxième étage avec la lucarne en avant, et peut-être même du bardeau sur les murs extérieurs pour la première fois, il est probable que les enfants de Louis auraient été placés ailleurs durant cette période, probablement avec leurs oncles et tantes, afin de permettre ces travaux. Le retour de ceux-ci a certainement resté marqué parce que la maison ne se ressemblait plus et c'est peut-être à ceci que Vénérande fait référence. Un enfant de treize ans en voyant cette "nouvelle maison" n'était pas en mesure de conclure autre chose que c'était bel et bien une maison neuve et par extension celle de son père. C'est certainement consistant avec notre thèse et c'est dans ce contexte que l'année 1848 devient très significative.

8. NOMINATIONS DE OTHO ROBICIIAUD/CONCESSION DE TERRE - 1794

- Otho Robichaud fut nommé juge de paix en 1794, la même année qu'il reçu sa concession de terre à Néguac. L'année 1794 est donc une année très importante pour Otho. Elle est aussi très significative pour notre analyse. Être nommé juge de paix comprenait certaines responsabilités évidentes et non la moindre était d'être capable de délivrer ce service dans un endroit acceptable et ceci dans son domicile. Lorsqu'on se réfère à l'analyse faite au para.2, je doute très fort que la maison de Loubert aurait été adéquate puisqu'elle était déjà âgé d'une trentaine d'années, ajouté au fait qu'elle fut construite sans doute "pièces sur pièces". Bien qu'aucun document existe à notre connaissance pour supporter ce que nous avancons, il est très concevable que Otho aurait bâti sa nouvelle maison en 1795, non seulement pour respecter ses engagements comme juge de paix mais aussi comme suite logique à l'acception de sa concession de terre et l'agrandissement de sa famille. Il fut aussi nomme capitaine de milice en 1799, ce qui ajouté à ses responsabilités de juge, constitua un virage important et ce virage se refléta sûrement dans son style de vie.

9. CONCLUSION

- J'ai longuement réfléchi sur l'origine de la maison Otho-Robichaud et étudié tous les documents disponibles concernant ce personnage ainsi que la maison au niveau de son architecture, afin de déterminer la date que celle-ci aurait été construite.

- Au départ il a fallut faire face à la "légende" qui se veut que cette maison serait celle achetée de Pierre Loubert en 1781 et en second lieu à la "tradition" qui qu'elle aurait été construite par Louis avec le bois de l'ancienne chapelle, soit vers les années 1848.

- Au dëbut, ces deux "théories" m'ont certainement compliquées la tâche mais, après analyses, celle-ci se sont révélés très importantes, car une aide à éliminer l'autre.

- Si on dit que la maison aurait été construite en 1848, ceci sous-entend que Otho Robichaud aurait occupé la maison achetée de Pierre Loubert jusqu'à sa mort en 1824 et ensuite par Louis, son fils jusqu'en 1848 et ceci sans aucun doute, dans une maison faire "pièces-sur-pièces" vers les années 1766. Cette théorie n'a pas beaucoup de mérite, vue les personnages impliqués. Ensuite losqu'on regarde la "tradition" de la chapelle, elle non plus n'a pas beaucoup de mérite.

- L'argument, soit la "légende" que cette maison serait celle de Pierre Loubert, fut éliminé surtout suite à la découverte d'un document qui place Loubert à Néguac le 1 août 1767. A cette époque, soit tôt après la déportation, les acadiens n'avaient tout simplement pas les moyens de bâtir autre que des maisons faites "pièces sur pièces" ou encore pire de simples cabanes "poor Frenchman's huts". J'aimerais ajouté ici que le fait que la transaction foncière a survécu et est présentement dans les Archives du Canada a certainement contribué à la légende. Ce n'est pas historiquement raisonnable de croire que Otho aurait continué d'habiter cette maison après qu'il fut nommer juge de paix en 1794, qui coincide aussi avec la date qu'il reçu sa concession de terre à Néguac.

- Lorsqu'on regarde l'architecture de la maison aujourd'hui, à première vue, elle ressemble à celles construite au milieu du 19ième siècle. Mais après un examen minutieux, il est évident que la maison a subit des transformations majeures au point que la partie originale se limiterait à une partie de la fondation, soit les murs extérieurs, les poutres du plancher, la charpente, les planches des murs extérieurs et du toit ainsi que les premières couches de bardeaux, maintenant cachées. Donc il ne reste que très peu de la maison d'Otho Robichaud qui est visible. Par contre, avec une restauration complète, la maison originale pourrait refaire surface puisque tout est en place, sauf le foyer. Il ne suffirait que d'enlever les finitions et quelques modifications telles la lucarne, l'escalier, etc ...

- Il n'existe rien du coté architectural et des méthodes de construction incluant les matériaux de la structure originale, qui ne correspond pas à l'architecture qui existait à la fin du 18 ième siècle dans la région de Néguac ou ailleurs.

- Otho Robichaud était un homme de ressources et pouvait se procurer des matériaux qui étaient à la fine pointe de l'époque. Lorsqu'on date une maison il faut prendre en considération cette dimension, et personne n'était mieux placé à l'époque que Otho pour le faire.

- Tout au long de cette exercice j'ai tenté de trouver et d'analyser tous les arguments pour et contre notre thèse. Jusqu'à présent tous les arguments avancés par différents intervenants, qui étaient contre notre thèse n'ont pas survécus à un examen minutieux. Par contre les arguments pour notre thèse ont tous survécus, ce qui m'amène a conclure que les probabilités pour notre thèse sont telles que nous devons conclure que la maison dite Maison 0tho-Robichaud fut construite par Otho Robichaud en 1795.

- Mon examen n'est pas exhaustive sauf qu'il apporte sûrement des arguments et preuves à l'appui qui sans doute vont contribuer à conclure une fois pour toute sur la date de la maison. Durant mes années de jeunesse mon père entre autres, m'a souvent dit que cette maison était celle de Otho et c'est en grande partie la raison pourquoi je suis impliqué aujourd'hui pour la sauvegarder. Cette maison est une des plus vieilles maisons acadiennes en existence sur son site original, en plus d'avoir été appartenue par des personnages importants qui ont contribués de façon significative à l'histoire de l'Acadie après la déportation. Les ancêtres de cette famille de Robichaud de Neguac ont aussi contribués à l'histoire acadienne avant la déportation qui pour une période de six générations, ont été les leaders de leur communautés respectives.

- C'est un bijou pour toute notre communauté acadienne et sa sauvegarde dépasse les responsabilités de son propriétaire actuel et de la-municipalité de Néguac. C'est à toute la communauté historique ainsi que les gouvernements provinciaux et fédéraux de faire en sorte que cette maison soit non seulement protégé, mais aussi développé à son plein potentiel, afin que cette belle partie de notre patrimoine puisse être apprécié par les générations présentes et futures.

Fernand Robichaud [signé]

30 octobre 1995

 

RÉFÉRENCES

 

1. ENTRE BAIE ET PÉNINSULE, Maurice Basque, 1991

2. Journal de Charles Robin, 1 août 1767

3. Musée Acadien, Bernard Leblanc

4. Archives Nationales du Canada

5. Testaments: Otho Robichaud, 1817 et 1824

Louis Robichaud, 1869

Olivier Robichaud, 1869

6. Conservateur des titres de propriété

Comté de Northumberland

7. Archives Provinciales du Nouveau-Brunswick

8. Association des Musées du Nouveau-Brunswick

9. Ministère des Municipalités, Culture et Habitation,

Fidèle Thériault

William Degrâce

Richard Philips

Della Mersereau

10. Chatham Historical Properties

11. Rodolphe Bourque

12. Village Historique Acadien, Caraquet, Donald Boudreau

13. La famille Godin de Néguac

Aurèle Godin

Doré Godin

Alain Godin

Le défunt Azade Godin et ses enfants Zoel et Odette

14. La famille Robichaud de Néguac

Le défunt Hector Robichaud

Léon Robichaud

Patrick Robichaud

15. Le propriétaire actuel, Edouard Savoie

16. Historiens (nes) :

Maurice Basque

Gilles Bourque

Fidèle Th6riault

Sr Corinne Laplante

17. Centre d'études acadiennes, Université de Moncton

Ronald Leblanc

18. Social and Architectural aspects of the acadian in New-Brunswick, Rodolphe Bourque, 1971

19. Histoire de Néguac, Mgr. Arthur Gallien, 1948

20. Les Régistres de la Gaspésie

 

ANNEXES:

ANNEXE A : Extrait du Journal de Charles Robin, 1 août 1767.

ANNEXE B : Contrat de vente de Pierre Loubère à Auteau Robichaux, 28 mai 1781.

ANNEXE C : "Pétition" en 1795, confirmant la vente à Otho Robichaud d'un terrain à Néguac par Jean-Baptiste Desnoyer ou Denoit en 1789.

ANNEXE D : "Deed" de Joseph Benoit à Otho Robichaud d'un terrain à Burnt Church, 1803.

ANNEXE E : Pétition de Pierre Loubert, 1784.

ANNEXE F : Transaction entre Joseph Landry et Otho Robichaud, 1799.

ANNEXE G : Correspondance Vénérande Robichaud à Otho Robichaud, 17 août 1791.

ANNEXE H : Correspondance Edward Winslow à Otho Robichaud, 24 juin 1792.

ANNEXE I : Extrait de "Social and Architectural aspects of the Acadians in New Brunswick", Rodolphe Bourque, 1971.

ANNEXE J : Bibliographie Vénérande Robichaud, Sr. Corinne Laplante.

Annexe A :

Loubert était certainement à Néguac avant 1776. Charles Robin dans son journal note ceci: "This Morning (ler août 1767) fine weather, trading wlth the French till 2 o'clock p.m. sold goods for Livres; accepted for part payment 100 quintals of dry codfish which I am to take at Tracadie, on condition one of their best men come down with us and for the rest I was paid in furrs. Went ashore and dined with one Mr. Morray (Morais?), one of the owners of the above mentionent schooner. At 3 o'ocloc went on board with Mons. Loubert, and Indian Trader and sold him goods to the amount of Livers 1515 which he pald me in furrs. This afternoon quite calm".

Annexe B :

Première transaction foncière connue de Néguac, entre Otho Robichaud et Pierre Loubert, 28 mai 1781.

Marché de vente faite en faveur de

Monsieur Auteau Robichaux

L'an 1781 et le 28 mai, moi Pierre Loubère reconnais et certifie par les presentes vendre un droit de terre avec une maison bâtie dessus avec magasin, grange et Boulangerie que j'ai à Nigawouèke dans la baie de Miramichi, que j'ai fait et fait faire à mes frais et dépens et dont j'ai joui jusqu'au tems que j'en ai vendu la jouissance au dit sieur Auteau Robichaux pour le prix et somme de quarante piastres autrement dit Louis courant d'Halifax. La borne de la dite terre prend au premier ruisseau au nord est d'un côté. De l'autre côté, du bord du sud ouest, [elle] prend à la première bouchure qui est entre Jean Savoie et moi, ou autrement, pour mieux expliquer, entre sa maison et la mienne, qui est une cloture de ligne qui a été faite entre nous deux. Il y a encore une pré qui sur l'isle au foin un mille de la maison du bord du surouest de l'isle et deux morceaux à la grande Dune [un peu plus bas que la pointe au chêne] ousque j'ai coupé huit chartées du foin par an. Le tout compris seue la dité vente faite en faveur du dit Monsieur Auteau Robichaux dont j'en ai reçu le parfait payement à Nigawouèke ce 28 may de l'année 1781.

 

P. Loubère

Source: Canadian Archives (1906), pp. 205-206.